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CHOCOLAT « DURABLE »

 

Face à l'explosion de la demande, l'industrie du chocolat fait face à une crise d'approvisionnement en cacao cruciale. La production de fèves a atteint 4 millions de tonnes environ en 2011 pour une demande équivalente, en hausse régulière de 3% au plan mondial et en plein boum en Asie : +25% en moyenne chaque année depuis 20 ans au Japon et +30% en Chine et +20% en Inde, où elle est plus récente. L'Afrique de l'Ouest assure les deux tiers de la production mondiale, Côte d'Ivoire et Ghana en tête (avec respectivement 39% et 21% des approvisionnements), devant l'Amérique latine (16%) et l'Asie (dont l'Indonésie, 3ème mondial) et l'Océanie (13%). Dans 95% des cas, il s'agit d'exploitations familiales de 1 à 3 ha.

Le marché du chocolat est en forte expansion mais les producteurs de cacao ont une productivité généralement faible et à bas revenu. Cultiver la terre étant une ressource limitée et les jeunes souhaitant vivre mieux que leurs parents, la question cruciale est de savoir d’où proviendra le cacao que le monde entier veut consommer dans les prochaines décennies ? Les cacaoyers vieillissent, les planteurs dont l'âge moyen est de 50 ans aussi.  Ils ne sont pas remplacés par les jeunes générations qui ne sont pas tentées par cette activité.

Les grands groupes de chocolatiers internationaux ont peur de voir les plantations péricliter et, de ce fait,  d’avoir des difficultés d’approvisionnement en cacao si elles ne sont pas gérées de manière « durable ». C’est ainsi que Nestlé, Mars, les principaux du top 10 et bien d’autres chocolatiers ne commercialisant ni des chocolats « bio » ni des chocolats « équitables » ont décidé de certifiés les chocolats « durables » par des ONG.

En 2008, les premières certifications « durables » des plantations de cacao ont été promues par l’agro-industrie, pour se faire une place aux côtés des marchés de niche équitable et bio. Attribuées par les ONG RAINFOREST ALLIANCE et UTZ, ces certifications garantissent de bonnes pratiques de plantation, favorables à l’environnement. Elles rassurent les consommateurs et  mettent du même coup en avant les industriels. La certification est un processus par lequel une organisation indépendante délivre un certificat à un producteur ou groupement de producteurs qui valide leur conformité avec un ensemble de critères décrits dans la norme. Dans le cas de Rainforest Alliance, la norme Agriculture Durable se concentre sur la façon dont l'agriculteur gère les terres et sur les conditions de travail du fermier et des ouvriers. Une ferme vérifiée Rainforest Alliance est conforme aux meilleures pratiques sociales, environnementales et agronomiques qui ont fait l’objet d’une large consultation publique au préalable et qui sont également définies par les meilleures données scientifiques disponibles. La norme est assujettie à un processus d’amélioration continue, à l'interprétation locale de nos connaissances et à l’évolution de notre compréhension des questions.

Les deux garantissent au consommateur que le cacao a été produit en respectant l’environnement et l’éthique, qu’il s’agit donc d’un cacao « durable ». Rainforest Alliance insiste sur les aspects environnementaux quand Utz met davantage l’accent sur l’éthique et la lutte contre le travail des enfants.

Les moyens que ces deux organismes de certification se donnent sont faibles. Une enquête de terrain menée en Côte d’Ivoire nous a montré que les plantations certifiées ne respectaient pas forcément les critères de certification et, qu’au final, ces certifications sont surtout un moyen pour les chocolatiers et les Etats de se donner bonne conscience.

Une grande part de la production est vendue comme cacao certifié à un prix premium. Les agriculteurs s'attendent à être payés plus pour leur production certifiée en raison des efforts qu'ils ont réalisés pour obtenir la certification. Mais les gains réels ne se situent pas au niveau du marché, ils sont au niveau de la ferme. Une enquête indépendante (COSA) publiée en 2012 constate que les fermes certifiées Rainforest Alliance en Côte d'Ivoire ont enregistré une productivité moyenne de plus de 70%, à 576 kg contre 334 kg pour un groupe témoin de fermes non certifiées.

L'amélioration des résultats de l'agriculteur ne dépend pas d'un marché de niche, ils viennent directement de la gestion des exploitations agricoles. Soutenir et accroître encore ces réalisations de développement durable sécuriseront les approvisionnements de cacao dont le monde a besoin et propose un moyen de subsistance concurrentiel pour la prochaine génération de producteurs de cacao. Les marques continueront d'utiliser les labels sur leurs emballages, mais la plus grande attention est, et doit rester, focalisée sur l'agriculteur et la ferme, là où les organismes de certification ont commencé.

 

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